Ôde à la mère imparfaite

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Qu’on se le dise, du moment où nous donnons la vie, et même à partir du moment où nous créons la vie, nous sommes soumises au jugement d’autrui. Et bien souvent ce sont les pseudos mères parfaites qui se prennent un malin plaisir à nous renvoyer une image de mère imparfaite.

Alors je vous écris à vous, mères imparfaites, à nous, à moi.

À toi, mère imparfaite qui a décidé de ne pas allaiter ton bébé, à cause de toi il sera malade toute sa vie.

Et à toi, mère imparfaite qui au contraire à décidé de l’allaiter au-delà de 3 mois, à cause de toi, ton bébé sera dépendant de sa mère.

 
À toi, mère imparfaite qui ne donne que des petits pots industriels à ton enfant, tu l’empoisonnes un peu plus chaque jour .

Et à toi, mère imparfaite qui au contraire, ne donne que de la nourriture maison et bio à ton enfant, à cause de toi, il va grandir dans un monde aseptisé.

 
À toi, mère imparfaite qui laisse ton enfant regarder la télévision, à cause de toi, il ne saura pas développer son sens de l’imagination.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire , ne laisse pas ton enfant devant les écrans, tu n’évolues pas avec ton époque, à cause de toi, ton enfant sera rejeté de la société. « ah tu verras quand il grandira, on en reparlera ! » qu’on nous dit.

 
À toi, mère imparfaite, qui laisse la tétine à ton enfant, à cause de toi, il mettra des années à s’en séparer et ne saura pas parler.

Et à toi, mère imparfaite, qui refuse la tétine, tu prives ton enfant de son besoin de succion.

 
À toi, mère imparfaite, qui laisse pleurer ton enfant, tu va le traumatiser, à cause de toi plus tard ce sera un enfant malheureux.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire ne laisse jamais pleurer ton enfant, tu cèdes à tout ses caprices et en fera un enfant roi.

 
À toi, mère imparfaite, qui t’octroies une sortie entre amis ou en amoureux de temps en temps, tu n’es pas capable de t’occuper de ton enfant.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire ne t’offre jamais le loisirs d’une soirée sans ton bébé, tu cours à la catastrophe, tu vas péter un plomb bientôt, c’est sur.

 
À toi, mère imparfaite, qui parfois à la flemme de t’occuper de ton bébé, tu n’étais pas prête à être mère.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire t’occupes sans interruption de ton bébé, tu ne sais pas déléguer, tu es trop fusionnelle avec ton bébé.

 

À toi, mère imparfaite, qui parfois à des questions en tête auxquelles tu ne sais pas répondre vis-à-vis de ton enfant, tu n’es pas assez mâture pour être mère.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire à toujours réponse à tout, on sait bien que tu nous mens et que tu ne sais pas tout.

 
À toi, mère imparfaite , qui prend le temps de te maquiller et te coiffer le matin, tu es trop superficielle, tu ferais mieux de t’occuper de ton enfant.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire, préfère t’occuper de ton enfant plutôt que de te faire jolie, sois en sûre, ton homme va te quitter.

 
À toi, mère imparfaite, qui ne fait pas d’activités avec ton enfant, tu ne sais pas t’en occuper et l’aider à éveiller ses sens.

Et à toi, mère imparfaite, qui au contraire est toujours à la recherche d’activités à faire avec ton enfant, tu le sur-stimules, laisses le s’éveiller seul.

 

 

À nous mères imparfaites, laissons les jugements de côté et élevons nos enfants comme bon nous semble. Il y aura toujours des donneurs de leçons, mais nous, et nous seules savons ce dont notre enfant a besoin.

 

Une bonne maman c’est celle qui fera toujours au mieux, mais surtout ce qu’elle peut. Elle saura aussi avouer ses erreurs, ses faiblesses et tolérer qu’elle ne sera jamais parfaite.

Le plus important, c’est l’amour que vous donnez à votre enfant. Peu importe comment, mais couvrez le d’amour, c’est tout.

On essaiera toujours de nous faire penser que nous sommes de mauvaises mères, parcequ’on à toutes plus ou moins des visions différentes, mais n’oubliez jamais, JAMAIS, que la mère parfaite est une mytho.

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Faire le Deuil

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On a beau être des WonderWoMum, on a aussi le droit d’être triste. Même si la vie de maman est merveilleuse, remplie de joie et de bonheur… On a parfois des moments de remise en question.

Dans la vie, nous faisons face à des deuils a maintes et maintes reprises. Pas que des deuils après un décès non non. Des deuils des phases de nos vies.

Le deuil c’est quoi ? Outre le fait de pleurer parce qu’on est triste ? Le deuil est en 5 étapes plus ou moins régréssives : 1. Le choc, le déni. 2. La colère. 3. Le marchandage. 4. La tristesse/la depression et 5. L’acceptation.

Pourquoi je vous parle de ça ? Tout simplement parce que j’ai récemment vécu ces 5 étapes et que j’avais besoin de mettre des mots dessus car je me dis que je ne suis probablement pas la seule. J’ai réussi à comprendre ce qui m’arrivait. Ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde alors il me semblait nécessaire d’en parler.

En réalité, comme je le disais, on vit plusieurs deuils dans nos vies. Par exemple le deuil d’une relation amoureuse ou le deuil de notre vie de célibataire : 1. Waw non non je suis pas amoureuse je vous jure ! Je m’en fou je vais continuer de faire des soirées comme d’habitude ! 2. J’AI DIS NON JE SUIS PAS AMOUREUSE ! 3. Bon, peut être que je l’aime bien mais ca veut pas dire que je suis amoureuse… 4. Oh naaaaaan je suis foutu je suis amoureuse, je vais ENCORE galérer ! 5. Ok, je suis amoureuse et fuck le reste !
Vous comprenez mieux, là ?

Hé bien j’ai vécu ce même deuil pour ma vie « d’avant ». C’est à dire que quand on devient maman et même parents, on a beau dire, mais notre vie est totalement chamboulée ! Adieu les soirées entre copains totalement improvisées, adieu les soirées en amoureux où, sur un coup de tête, on se dit « allez hop on va ci, on va là, on fait ci, on fait ça ». Avant d’être maman, j’étais une  »fêtarde ». C’était soirées sur soirées, ma vie tournait autour de mes amies. Et du moment où mon fils est né, mes priorités ont évidemment changées. Je respecte ses heures de sommeil, ses heures de repas, etc. Donc un peu plus compliqué de faire ce qu’on veut dans ce cas. Et j’ai eu un grand passage à vide à me sentir rejetée de mes amies (qui sont tout de même les mêmes depuis plus de 8 ans !), l’impression d’être incomprise, de déranger, de gêner. Un profond mal être qui m’a habité pendant plusieurs mois. Je pense ne pas avoir été loin de la dépression, sincèrement. On peut faire l’autruche mais à un moment donné, ça ne fonctionne plus.
Donc pour se refaire les étapes du deuil :
1. Je suis maman mais pourquoi on me rejette ?
2. Putain, elles font des trucs ensemble sans moi ! Je ne parle plus à personne, je m’énerve pour un rien.
3. Bon, je vais faire ma vie sans elles, c’est qu’on a plus les mêmes priorités, on n’est plus sur la même longueur d’onde…
4. Elles me manquent, je me sens seule. Avant c’etait tellement bien… Je vais rester enfermée seule chez moi.
5. Je ne suis définitivement plus la même. J’ai évolué differement d’elles. Je ne peux pas leur en vouloir d’être différentes de moi. Je me fais des films, elles m’acceptent en tant que maman, pour elles rien n’a changé vis à vis de moi. Ma vie est différente mais elles sont et seront toujours là…

A cela s’ajoute une remise en question physique et professionnelle. Là encore on fait le deuil de notre corps d’avant, de notre métier qu’on aime tant mais qu’on voit maintenant différemment… mais bon, je ne vais pas trop m’étendre sur le sujet…

Voilà je ne sais pas si vous comprenez là ou je veux en venir. Mais concrètement quand on devient parents, notre vie change. A tel point qu’il faut accepter cette nouvelle vie, même si on l’a désiré plus que tout au monde. Ça n’est pas toujours facile, pas toujours une évidence. Il faut savoir prendre du recul sur les choses. Réfléchir, se poser sur les choses, en parler. Pour au final dédramatiser, se dire qu’on grandit. Que notre vie est autrement, qu’on ne retournera pas dans le passé et c’est sûrement mieux comme ça.

Allaitement : Mon expérience

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Coucou les WonderWomum !

Aujourd’hui je vous parle de mon expérience de l’allaitement. Pas dans le but de convaincre ni de dégouter certaines qui en rêvent. Juste pour en quelques sortes exorciser mon ressentiment par rapport à ce passage de ma vie.

▫ Pour moi, l’allaitement était une évidence. Je voulais absolument pouvoir allaiter mon bébé. Pour toutes les vertues qu’on lui connait déjà. J’avais tout l’attirail de compet’ : La crème anti crevasses, les coussinets, les soutien gorge, l’homéopathie, le tire lait. J’avais prévu les biberons car je voulais que le papa participe aussi (A donner grace au lait que j’aurais tiré) et j’avais surtout la MOTIVATION ! Mais voilà, rien ne s’est passé comme je l’avais imaginé…

11 décembre 2014, Lyam pointe sa jolie frimousse. Je fais la tétée d’accueil. Avec du mal, mais bon c’était la première fois. Entre la fatigue et l’émotion ça n’était pas évident, rien d’anormal. Nous remontons en chambre 2h après sa naissance. L’auxiliaire de puericulture me dit de lui redonner le sein dans 2h. Je m’execute. Sauf qu’il s’endort systématiquement à mon sein. On le déshabille, le stimule : rien à faire IL DORT! Les 2 premiers jours se passent ainsi, des tétées régulières mais pas franchement glorieuses entre un bébé qui sombre au bout de 2 minutes et des contractions affreuses. Je commence à m’inquiéter pour mon bébé. On lui fait une glycémie qui se révèle être bonne donc pas de stress.

J-3 : Jour de la montée de lait théorique… Sauf que malgré les stimulations je n’ai pas de franche montée de lait. On pèse mon bébé… il a perdu 20% de son poids de naissance. Je m’éffondre. Je me sens nulle, incapable de subvenir aux besoins de mon bébé… On me propose de tirer mon lait, des tisanes d’allaitement et du malte à manger. Je me remplie de tisane et de malte en esperant que… J’ai tiré mon lait pendant 1h ce jour là. Pour avoir quoi ? 15 pauvres mililitres… »Ca va venir » soit disant! Sauf que je vois mon bébé dormir constamment. Alors oui, un nouveau né ca dort énormément mais là, c’était beaucoup trop. Il n’avait quasiment pas de phases d’éveil ou alors très brèves. Je demande un complément au moins pour qu’il se nourisse et qu’il reprenne du poids. Je ne voulais pas arrêter l’allaitement mais je voulais juste que mon bébé ai des forces. On me le refuse (Je n’etais même pas libre de mes choix…) J’ai donc passé cette journée là a pleurer. J’ai refusé toutes les visites, j’avais besoin de calme, égoïstement, je voulais simplement qu’on me foute la paix !

J-4 : Toujours pas de franche montée de lait. Un bébé toujours peu réactif. Et toujours pas de reprise de poids. Là, c’est trop pour moi ! Je vois mon bébé déshydraté, la bouche sèche, les yeux cernés… Et là je me dis que ca n’est pas aux soignants de choisir pour moi. J’ai l’impression de ne pas être prise au sérieux. Je suis infirmière et je connais les risques d’une déshysratation sur un nouveau né. Alors j’ai de nouveau exigé un complément de lait. La sage femme et les auxiliaires ne voulaient toujours pas, me disant que s’il avait faim il pleurerait, il ne se laisserait pas mourir de faim. Et là je me suis de nouveau éffondrée devant elles, je ne comprenais pas qu’on puisse laisser mon bébé dans cet état. J’ai attendu la relève de nuit, espèrant que l’équipe prendrait enfin en considération ma demande. Une AP a enfin fini par avoir une lueur de compréhension et m’a apporté un petit biberon de 50ml. Il l’a bu en 2 minutes. A part ca, il n’avait pas faim ?
Suite à ca, j’ai vu mon bébé s’éveiller et même nous faire ses premiers sourires (sourires de satisfaction). J’ai compris à ce moment là : Mon fils s’était mis en « veille » pour économiser le peu de force qu’il avait…

▫ A J-5 il avait enfin repris un peu de poids. J’ai continué les mises au sein + compléments. Nous avons pu rentrer à la maison en gardant ce même schéma. Cela a duré 3 semaines/1 mois. J’avais de moins en moins de lait (le maximum que j’ai réussi à tirer : 70ml sur 24h). J’ai fini par abandonner. Fatiguée de passer mes journées entre donner le sein et tirer mon lait. Je ne faisais que ca (tirer mon lait me prenait minimum 1h…) allaiter-tirer mon lait-allaiter-tirer mon lait. J’avais a peine le temps de prendre une douche ! Je ne vivait plus, je ne pouvais plus sortir de chez moi.

Je ne sais pas encore si je retenterais pour bébé2. J’en garde un très mauvais souvenir. J’ai passé des journées à pleurer, à culpabiliser de ne pas réussir. Si j’avais laissé faire lors de mon sejour à la maternité, mon bébé serait t’il encore parmis nous aujourd’hui ? Je n’en sais rien et cette simple idée me noue la gorge. J’ai peur de faire un bloquage pour bebe2 mais je n’ai pas envie de rester sur cet échec… Je ne laisserais pas, cette fois ci, l’equipe soignante décider pour moi. J’était trop faible, et trop confiante. Ca ne sera pas le cas pour bébé2 ! Advienne que pourra !

Tout ca pour dire que non, chaque femme n’est pas forcément faite pour allaiter, par choix personnel ou par sa physiologie qui ne fonctionne pas. Ne jugez jamais une maman qui donne le biberon. Comme ne jugez jamais une maman qui donne le sein.